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HAIKU
FRANCAIS
& DEUTCH
GEERT VERBEKE
Et allors?
François Mitterrand
(1916
-1996)

Propos recueillis par Micheline
Beaudry, Canada, pour GONG Magazine, AFH France, Mai
2006.
MB -
Geert, vous avez un haïku très vivant !
Pouvez-vous nous dire quand et pourquoi vous avez
commencé à écrire du haïku ?
GV - Vivant? Sans doute, je ne suis pas mort...
Mon ami le photographe Bing Maertens me parlait déjà en 1968 de
Bashô et surtout de Matsushima. Son haïku:
le voleur
a tout pris sauf
la lune à la fenêtre
était une invitation
impérative à descendre dans la profondeur de moi-même. Le
résultat: je commençais à écrire quelques pseudo haïkus, du
japonisme plein de clichés. J’avais à peine 20 ans, l’âge idiot.
Mais ces premiers exercices d'assouplissement ont été très
importants. En 1969, j'avais 21 ans et je venais d'être père de
mon fils Hans. Ma mère bien-aimée m'offrait un petit cahier de
seulement 36 pages: 'Vent de l'est sur l'ouest,' de D.T.Suzuki,
édité par Avenue. Une pièce d'artifice pour mon esprit. Une
différence du tout au tout... Adieu jacassements et discussions
à perte de vue sur la rhétorique sociale, mes cheveux longs...
Le haïku,
à la fois simple et complexe à définir,
comme antidote au conflit des générations ? Le pourquoi
m’échappe un peu… même de nos jours. Je ne sais pas. Est-ce
possible que c’est le haïku qui m’écrit ?
Le haïku est surtout une observation surprenante : bref (le
haïku n’est pas plus long qu’une respiration), sobre, précis,
subtil, dense et sans artifice littéraire.
MB - Depuis quand
vous êtes-vous mis au français et qu'est-ce que la culture
française vous apporte comme nuances dans l'écriture du haïku ?
GV - Je suis fier de mes origines. Je suis Flamand. Du plat pays
avec un coeur tendre et une
tête de mule. J’habite toujours Kortrijk (Courtrai) à
20 km
de Lille, mais maître Brel ne m’emmerde pas. Je l’admire. Comme
Léo Ferré, Jean Ferrat, Charles Aznavour, Brassens… En plus,
j’aime les poètes comme Jacques Prévert, Baudelaire, Verlaine,
Rimbaud…
Ma grand-mère venait de
la Wallonie
, donc comme blanc-bec, je passais mes vacances chez ma marraine
à Liège. Mon oncle était un négociant en vins. Mes cousins
jouaient du jazz. Ma cousine germaine, Colette, était la plus
belle femme du monde. J’étais éperdument amoureux… (soupir).
Enfin, elle m’a appris à écouter Aznavour, Bécaud, Julien Clerc.
Mes parents parlaient le français entre eux pour raconter des
blagues osées et pour discuter la paillardise des voisins. C’est
comme ça que la jeunesse apprend des choses. Mais même s’il me
manque une formation approfondie, puisque j’étais ouvrier sans
qualification à seize ans, j’achète beaucoup de livres sur le
haïku en français…
La simplicité du haïku le rend facile d'accès, mais sa pratique
régulière, où les règles sont simples mais strictes, exige une
grande maîtrise de l'art poétique. Faire le bêta n'est pas mon
intention. Le haïku sur les petits-enfants, Lourdes,
l'égocentrisme ou le patriotisme est dans la plupart des cas
douteux et négligeable... Mais faire des remontrances sur un
ton paternel n'est pas mon but! Lisons plutôt 'le Petit Manuel
pour écrire des Haïku' de Philippe Costa... Pour bricoler vos
haïkus ! Sympa.
MB - Vous avez déjà une oeuvre qui
se dessine... quand avez-vous compris que vous deviez faire des
recueils, de la musique, des illustrations et qu'est-ce qui
caractérise le plus votre oeuvre haïku ?
GV - Je crains que je n’aie pas encore compris tout cela. Des
choses pareilles viennent du coeur pas de mon petit lobe
cérébral. Mon grand-père jouait du piano et ma mère me racontait
des contes de fées. Mon père chantait très faux. Et alors? Feu
mon père spirituel était un sculpteur Italien, Pietro Bares, il
m’apprenait que dans la vie, il n’y a qu’un but: ‘Atteindre la
sagesse.’ Peut être que je me figurais, un jour, que j’avais
besoin de tout ce bazar pour découvrir un grain de sable pur en
moi-même. Vraiment, pour moi être créatif est une nécessité
intérieure dont je ne sais pas la cause, elle m’est inconnue. Je
n’ai pas de réponse adéquate. Mais je suis fou du haïku; ça rime
!
MB -
Vous avez aussi une autre écriture que les haïkus,
pouvez-vous nous en parler ?
GV - Comme tout
le monde, je balance entre la banalité et la sublimation. Comme
créatif et comme enfant joueur, j’ai pris pas mal de chemins
détournés: des poèmes, des contes de fées, un essai sur le jazz
en Flandre, des aphorismes, deux romans, deux livres sur les
cartes à jouer et quatre livres sur les bol chantants de
l’Himalaya. En plus onze disques compactes: bols chantants,
gongs, gamelan, piano, percussion, etc.)On m’a toujours dit que,
entre l’écrivain et ses lecteurs, il y a une capacité à
suggérer: l’émotion reposant sur quelque chose qui n’a pas été
dit. Pff…moi je ne comprends pas les hommes de cabinet. Je ne
suis pas un rat de bibliothèque. Écrire, c’est respirer
profondément et être amoureux de la vie. Le haïku, comme dé à
coudre, propose cet art de vivre. Le haïku met l’accent sur ce
qui est... maintenant ! Mon but est de nommer mon univers
clairement et directement, le nommer pour lui-même. Pour cela
j’adore le haïku et le tanka, mais de plus en plus le haiga et
le haibun m’attirent. Ce que je ne veux pas oublier, c'est
l'esprit du haïku: si mon haïku est efficace avec un appel
direct à l'émotion, mais qu'il fait 10 ou 13 syllabes, et bien
pourquoi pas? Le format des trois lignes arrangées en 5-7-5
n’est pas obligatoire, ce n’est qu’un guide. J’aime à jongler
avec l'ordre des mots, le nombre des syllabes et la longueur des
lignes. La règle syllabique n'est pas stricte pour moi. Le haïku
est en même temps le miroir de l'intemporel et un jouet pour mon
esprit assez remuant. Je me moque des règles ‘trop sérieuses' du
haiku... mais je sais, il ne faut pas juger de l'arbre par
l'écorce. Le senryu n’existe pas pour moi, je dirais: le senryu
est 'identique' au haïku, mais les inventeurs de règlements ont
aussi droit à leur bac à sable.
Jouons, puisque le
haïku est une toupie à musique. Si on l’arrête
afin de l’examiner la musique s’arrêtera…
MB - Sans être à cheval
sur les règlements, vous devez bien suivre un certain "courant"
puisqu'on entrevoit votre nom dans les résultats des concours
internationaux ?
GV - J’écris simplement des haïkus
et parfois je les envoie à des concours. Mais seulement pour le
jeu, et jamais si on demande un droit d'inscription. Je ne paye
pas pour me faire lire. Il ne faudra jamais dévoiler une statue
à mon honneur… Je pense que j’ai de la chance que certaines
membres du jury aiment ce que j’ai écris. Je m’amuse et
peut être que ça se fait sentir...
MB - Vous avez plusieurs
recueils de haïkus. Vous faites aussi des haïgas - l'appareil
photo semble prolonger votre vision haïkiste du monde.
GV - Oui, mais il faut voir l’œuvre
de la photographe américaine Imogen Cunningham (féministe et
esprit libre qui, à partir des années trente, bouleversa la
représentation photographique avec ses nus et sa série ‘Flora’)
pour comprendre que le haïku s’écrit aussi avec la lumière. La
sobriété de l’expression est importante dans la photographie et
dans le haïku. Je rêve de beaux
haïkus avec des images fortes dans un style très simple. La
photographie digitale (Pentax-ist-ds) est mon support préféré
pour maîtriser tous les sujets avec une palette très large
d'émotions. Personnellement, je me sens à l'aise dans le monde
des haïgas en espérant être très attentif aux mille petits
instants et les clins d'oeil de la vie. Le haïga est mon regard
sur notre monde et sur notre communauté internationale. Comme
libre penseur, pacifiste, voyageur et observateur, certains de
mes haïgas sont engagés pour la paix, mais c’est plutôt moi et
pas mes haïgas qui doit être engagé. Mes haïgas ne vont pas
changer le monde.
MB - Pourriez-vous nous parlez du haïku en pays des Flandres (ou pays
flamand) son dynamisme son renouvellement, les rencontres des
membres, les liens avec le Japon -etc. etc.
Peut être que
la Flandre
est trop petite pour parler d’un monde du haïku. Comme partout,
on a des canards domestiques et des canards sauvages. C’est
fluctuant. Certains ont besoin des haïkus pour se profiler comme
catholiques ou conservateurs, d’autres ont l’esprit plus ouvert.
Mais me soucier de ça n’est pas ma conception de la vie. Qui
sert à l'autel, doit vivre de l'autel…
On verra bien si un jour il y aura
du dynamisme où du renouvellement. Mais après tout cela est très
subjectif… J’ai
le coeur reconnaissant pour mes contacts mondiaux qui sont
parfois fabuleux. Mais je refuse des cartes de membre. Les
rencontres m’effarouchent. Je suis enclin d’accompagner Groucho
Marx quand il dit: ‘Je ne veux pas être membre d’un club que
m’acceptera comme membre…’ Mais je suis
toujours prêt à échanger mes livres de haïkus pour les livres
des autres poètes.
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Concours 2007 : Haïkus & thé,
France.
les
moines
boivent du thé vert
l’abbé dort
Excellent sur toute la ligne ! Les moines, on le sait
buvaient du thé vert (matcha) pour éviter de dormir pendant les
séances de méditation. Vérité historique, qui est à la base de
toutes les relations culturelles entre la Chine et le Japon dés
l’époque Song, et dont le moine Essai introduira la pratique (
du Bouddhisme et du Thé) dés son retour de Chine. Début du haïku
solide, factuel, historique, sobre come un couvent, mais très
dense. Et puis tout dérape : Pendant qie les (jeunes ?) moines
s’évertuent à la meditation, l’abbé dort dans un coin.
Opposition, contraste, humour avec une pointe de
désinvolture...On imagine la chaleur moite qui endort (le vieil)
abbé pendant que les (jeunes) moines transpirent à méditer en
s’aidant du thé. Rien n’est écrit, tout est dit ! C’est du
Basho !
Gilles Mauçout – maître de thé, Paris.
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5
HAÏKU DE GEERT VERBEKE:
agenouillée
dans la librairie
pour des haïku
fouiner à Paris
chez les bouquinistes
odeur de renfermé
un faux mouvement
les livres tombent tous
sauf Shiki
larmes et rires
loué soit maître Issa
un thé s'il vous plaît
le petit manuel
pour écrire des haïku
en solde
BOEUF & BOUVIER
(c) 1 Mars
2009
Bœuf
et Bouvier’ de Geert Verbeke est un conte charmant,
plein d’humour, raconté dans un style qui se situe
proche aux plus veilles traditions littéraires de
l’extrême orient. Une histoire pleine de symboles et
profonde et sage comme le zen. Un petit livre
merveilleux. Geert Verbeke a écrit des mots et des
phrases entières qui resteront greffés sur ma rétine.
Oui, les contes sont inhérent a la vie. Sans eux, le
quotidien sera pour toujours inhumain et médiocre.
Nicole Van
Overstraeten
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Tempslibres
Serge Tomé
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DEUTSCHE
HAIKU
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Haiku das ist die kürzeste Literaturform der
Welt. "Haiku" entstammt dem japanischen und
lässt sich in etwa mit "Kurzgedicht" übersetzen.
Ein Haiku besteht aus drei Zeilen, insgesamt maximal 17 Silben. Die
Silbenaufteilung ist fünf-sieben-fünf.
Reime
spielen keine Rolle. Haiku in
anderen Sprachen lassen sich selten in dieses
Schema pressen, es bleiben Rhythmus und die
Begrenzung auf drei Zeilen.
Bildlich gesprochen muss man die Idee eines Haiku in sich entstehen lassen
und mit Wörtern der Zielsprache neu beschreiben,
um dem Original nahe zu kommen. Ein
Haiku lässt sich schwer beschreiben.
Seine drei Zeilen verhindern ganz von selbst,
große und lange Worte darüber zu verfassen.
Das Haiku entwickelte sich im 16. und 17.
Jahrhundert aus dem Renga, einer Form des
Kettengedichts. Im 17. Jahrhundert etablierte
einer der berühmtesten Haiku-Dichter, Basho
(Matsuo Kinsaku: 1644-1694),
das Haiku in der heute noch üblichen Form und
dem charakteristischen Inhalt.
Weitere "Klassiker" der Haiku-Dichtung sind Issa,
Buson, Shiki, Kikaku u.a.
Das Haiku ist die kürzeste Gedichtform, die wir kennen. Mit wenigen
Worten, ohne Reim und Kunstgriffe, versucht der
Haiku-Dichter die Essenz eines Augenblicks, so
wie diese sich für ihn darstellt, auf Papier zu
bannen. Er geht dabei von seiner gefärbten
Wahrnehmung aus; er kann gar nicht anders. Um an
den Kern seiner Erfahrung zu rühren, schildert
der Haiku-Dichter aber die äußeren Zeichen des
Geschehens, anstatt seine Gedanken und Gefühle
zu benennen.
Der Leser kann, wenn er dafür empfänglich ist, in den Moment einsteigen;
vielleicht bringt das Haiku aber auch eine ganz
andere Saite in ihm zum Schwingen. Haiku
schreiben heißt berührt werden, in Bewegung
geraten und andere daran teilhaben lassen.
Im Ursprungsland seit Jahrhunderten bekannt, ist
das Haiku zu einem beliebten „Exportartikel"
Japans geworden. Ingrid Kunschke, Germany.
3 HAIKU von GEERT VERBEKE
(aus Rain):
Tierenteyn
echter Senf aus Gent
kühl aufbewaren
Wasser und
Berge
Nebel streicht über die Steppe
Gebetsfahne
Farben der
Steppe
in der unendlichen Weite
galoppieren
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Dein ADA ist toll !!!
Habs grad beim WHC nochmal angepriesen.
Wenn
man jetzt an die Asiatischen
Kuestengebiete am Indischen Ozean denkt...Gruesse aus Japan.
Dr.
Gabi Greve
Daruma Museum, Okayama, Japan.
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